EDITO DE LA SEMAINE

Dimanche 22 novembre 2020 Le Christ Roi de l’Univers – Matthieu 25, 36-41

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 36-41

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :

« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : ‘Venez, les bénis de mon Père,

recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. 

Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;

j’avais soif, et vous m’avez donné à boire 

 j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli

j’étais nu, et vous m’avez habillé ;

j’étais malade, et vous m’avez visité ;

j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !

Alors les justes lui répondront :

‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…?

tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?

tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?

tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?

tu étais nu, et nous t’avons habillé ?

tu étais malade ou en prison…

Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’ 

Et le Roi leur répondra : ‘Amen, je vous le dis :

chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.’  

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : ‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.

Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;

j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;

j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;

j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;

j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’

Alors ils répondront, eux aussi : ‘Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?’

Il leur répondra : ‘Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,

et les justes, à la vie éternelle. »

Renversement de perspective

Assis au sommet de la pyramide de la hiérarchie, le roi incarne l’autorité suprême, la source du droit : les lois, le jugement, la sanction, tout dépend de lui. Ses décrets, ses représentants et ses officiers le rendent présent dans tous les points de son royaume. Jésus a eu beau fuir l’enthousiasme des foules qui voulaient le faire roi après la multiplication des pains, la piété populaire l’a rattrapé et l’iconographie en témoigne. Dans de nombreuses absides, le Christ trône tel un nouveau Charlemagne à la barbe fleurie, couronne en tête et sceptre à la main. Les nostalgiques de l’ancien régime et certaines formations politiques ont aimé défiler étendards au vent, chantant triomphalement « Parle, commande, règne… » comme un roi de ce monde. 

Jésus avait pourtant renversé la perspective en expliquant à Pilate que son royaume n’était pas de ce monde. Le roi ne siège plus à distance, au sommet de la pyramide. Désormais il se tient tout au bas de l’échelle, perdu dans l’immense cortège des souffrants de la terre, identifié avec les pauvres et les marginaux. « Tout ce que vous avez fait aux plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait. » La loi, le jugement, la sanction ne tombent plus d’en haut, comme un ensemble de prescriptions multiples et compliquées, vrai parcours du combattant. Tout ce qu’il faut faire et dire se trouve condensé dans une seule parole : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Aimer son prochain, c’est lui faire du bien, au fil des jours, dans le quotidien, par de petits gestes simples, en le rejoignant là où il a mal. Il faim, donne-lui à manger ; il a soif, donne-lui à boire ; il est seul, malade, en prison, dans le besoin, visite-le, occupe-toi de lui, ne le laisse pas tomber. Là est le royaume, le roi, sa loi, le jugement qui sera prononcé publiquement au soir de l’histoire. Incroyable ? Personne n’en revient. Ceux qui l’ont fait comme ceux qui se sont défilés sont unanimes : je n’aurais jamais pensé que le Roi soit si proche et si quotidien. Étonnant Royaume : le roi de l’univers, infini et insaisissable, contenu tout entier dans l’étroitesse du quotidien.

Pierre Emonet SJ

Ezékiel 34, 11-17

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. C’est moi qui ferai paître mon troupeau,

et c’est moi qui le ferai reposer,– oracle du Seigneur Dieu.

La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai.

Celle qui est blessée, je la panserai.
Celle qui est malade, je lui rendrai des forces.

Celle qui est grasse

et vigoureuse, je la

garderai, je la ferai

paître selon le droit.

Et toi, mon troupeau

– ainsi parle le

Seigneur Dieu –, voici

que je vais juger entre

brebis et brebis, entre

les béliers et les boucs.

 

Psaume 23

Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien.

Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ;

Il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal,

car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ;

tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante.

 Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ;

j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours